Paroles d’habitants

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  • par OR


 Visite guidée le samedi 13 juin - voir le clip

/ réalisation Franck Na

Dans le cadre du processus participatif et de l’exposition "de la cité-jardin à l’écoquartier" à la bibliothèque de St-Jean jusqu’au 21 juin 2009, le groupe de travail « Ecoquartier » propose cette installation de textes.

 L’objectif : RELIER LES DEUX COMMUNES DU PERIMETRE … INVITER A VISITER L’EXPO … APPELER, RAPPELER, MOBILISER, RE-MOBILISER les habitants du quartier sur le renouvellement urbain en perspective.

Toutes les phrases sont tirées d’habitants-es et c’est une réalisation du groupe de travail et de Serge Boulaz, habitant du quartier et artiste.


Dix-huit textes courts choisis parmi les avis récoltés dans le quartier au moyen du premier bulletin de présentation de la démarche participative de l’étude d’image directrice et parmi les paroles du vidéomaton réalisé par Franck Na le 23 août lors de la « Ville est à vous » à la Concorde au stand « Notre quartier va changer ».

Les lieux d’accrochage sont choisis dans le périmètre d’étude.

 L’ exposition des 18 banderoles "PAROLES d’HABITANTS" sera accrochée sur les murs du quartier des Ouches lors de "SECONDE LECTURE", bourse du Livre et Parc à PAROLES, le samedi 22 août 2009



Texte de Michèle Künzler,
habitante et membre du groupe de travail "écoquartier"

QUE LE TRAIN S’ARRÊTE ICI : c’est ce que peut lire le piéton, l’automobiliste ou le
cycliste qui passe à Châtelaine, sur une immense banderole fi xée sur un immeuble
dans le quartier de la Concorde. Cette revendication insolite fait partie d’une démarche
artistique qui essaie de matérialiser la parole des habitants, dans le contexte de
la transformation d’un quartier existant en éco-quartier.
Ce sont en tout dix-huit banderoles, avec des mots simples et sans explications, qui
ont été suspendues pour interpeller le passant. Les textes sont à comprendre au
premier degré : « Que le train s’arrête ici » évoque l’arrêt souhaité et probable du
RER à Châtelaine en 2019. Mais cette phrase a aussi une portée plus symbolique,
puisqu’elle s’inscrit aussi dans un lieu où la plupart des habitants sont restés à quai.
Ailleurs, au bord de l’avenue très passante, on peut lire LE CHANT DES OISEAUX
ou BALCON AVEC VUE, qui expriment des souhaits somme toute assez banals,
mais qui, dans ces lieux, prennent une dimension incongrue.
En matière d’aménagement du territoire, les habitants et les artistes ont souvent
été mis de côté. On ne parle que de densité, de PLQ, de LGZD, de LGL etc, autant
de sigles qui veulent faire croire que l’aménagement du territoire et la construction
seraient des choses trop sérieuses pour que les habitants s’en mêlent. On essaie
de leur faire comprendre qu’il s’agit d’une affaire de spécialistes. De même, les artistes
et les activités culturelles sont carrément oubliés, et cela depuis des dizaines
d’années. Si jusque dans les années 70, il y avait parfois des fresques ou des éléments
artistiques dans la construction, même dans des grands ensembles, comme
le Lignon, qui compte à chaque entrée un bas-relief de Hans Erni. Rien de tel, à ma
connaissance, ces dernières années, obnubilées par la norme, le règlement et le
coût de construction. Il y a bien quelques grands projets d’institutions culturelles,
mais il me semble qu’ils sont plus habités par l’envie d’un geste architectural que par
le désir d’une activité artistique.
Le temps est venu pour retrouver un souffl e nouveau dans la construction : retrouvons
ensemble la dimension immatérielle, et réenchantons la ville ! Il me semble
que le désir est là, le désir de bâtir, de construire la ville autrement.
Partout fl eurit la volonté de faire des éco quartiers. Or ce n’est pas seulement la
dimension écologique qui compte dans ce nouveau type d’habitat. Pour les plus jeunes
d’entre nous, quelles que soient leurs opinions politiques, la valeur environnementale
tombe sous le sens ; mais c’est surtout la dimension participative, sociale
et culturelle qui suscite l’imaginaire. Car qui rêve encore devant quelques barres
d’immeubles bien alignés, à part, bien sûr, quelques promoteurs, ou quelques locataires
en quête désespérée de logement mais qui rêvaient d’autre chose ? Cette « 
autre chose », ce sont les artistes et les habitants qui nous en disent l’importance :
LA CREATIVITE A L’HONNEUR.


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